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Reconnaître une arnaque de soutien technique

5 min de lecture

Les faux appels et les fausses alertes de « soutien technique » sont bien rodés. Voici comment les repérer en quelques secondes, quoi faire sur le coup, et quoi faire si vous avez déjà cliqué.

Une fenêtre rouge apparaît au milieu de l’écran. Il y a un son d’alarme. Le texte annonce que votre ordinateur est infecté et qu’il ne faut surtout pas l’éteindre. Un numéro de téléphone clignote, avec un logo qui ressemble beaucoup à celui de Microsoft ou d’Apple.

Rien de tout cela n’est vrai. C’est simplement une page Web conçue pour vous faire peur assez longtemps pour que vous composiez le numéro.

Cet article explique comment reconnaître ces arnaques, comment y réagir, et quoi faire si vous avez déjà décroché. Se faire prendre n’a rien à voir avec l’intelligence : ces gens font ça toute la journée, tous les jours, et leur scénario est rodé pour fonctionner sur tout le monde.

La règle qui règle presque tout

Une vraie entreprise informatique ne vous appellera jamais pour vous annoncer que votre ordinateur a un problème.

Ni Microsoft, ni Apple, ni Google, ni votre banque, ni votre fournisseur Internet ne surveille votre ordinateur et ne vous téléphone. Ils n’en ont ni le moyen ni le droit.

Si le contact vient d’eux — appel, fenêtre surgissante, courriel alarmant, texto — la réponse est toujours la même : raccrochez, fermez, supprimez. Vous ne devez aucune politesse à un inconnu qui vous appelle.

Les trois signes à retenir

1. C’est eux qui vous contactent. Vous ne cherchiez rien, vous n’aviez appelé personne. L’alerte est arrivée toute seule.

2. Il y a urgence. « Ne raccrochez pas. » « Vos fichiers seront effacés dans dix minutes. » « Votre compte bancaire est en danger en ce moment même. » La pression est l’outil principal : quelqu’un de pressé ne prend pas le temps de vérifier. Un vrai technicien vous dira au contraire de prendre votre temps.

3. Le paiement est bizarre. Cartes-cadeaux d’une chaîne de magasins, virement Interac à un inconnu, cryptomonnaie, guichet automatique de bitcoins. Aucune entreprise légitime ne se fait payer en cartes-cadeaux. Aucune. Si vous n’aviez à retenir qu’une seule chose de cet article, ce serait celle-là.

Les variantes qui circulent

La fausse alerte à l’écran. Une page Web qui remplit l’écran, parfois avec une voix synthétique. Elle bloque le navigateur pour donner l’impression que l’ordinateur est pris en otage. Il ne l’est pas.

Le faux remboursement. « Nous fermons nos services et nous vous devons 400 $. » On vous fait ouvrir votre compte bancaire, puis on vous fait croire qu’on a viré 4 000 $ par erreur et qu’il faut rendre la différence. Le premier virement n’a jamais eu lieu : c’est un affichage truqué sur votre propre écran.

Le faux renouvellement d’abonnement. Un courriel confirmant le renouvellement d’un antivirus à 499 $, avec un numéro « pour annuler ». L’objectif est de vous faire appeler vous-même, ce qui donne l’impression que c’est vous qui avez pris l’initiative.

L’appel du « petit-fils ». Une voix jeune, en détresse, qui demande de l’argent rapidement en insistant pour que vous n’en parliez à personne. Raccrochez et rappelez la personne au numéro que vous connaissez déjà.

Quoi faire sur le coup

Si c’est une fenêtre à l’écran : ne cliquez sur aucun bouton de cette fenêtre, pas même sur le « X » ou sur « Fermer », qui font parfois exactement le contraire. Fermez plutôt le programme au complet — Alt + F4 sous Windows, Cmd + Q sur un Mac — ou éteignez l’ordinateur en maintenant le bouton d’alimentation. La fenêtre disparaîtra. Elle n’a rien abîmé.

Si c’est un appel : raccrochez sans discuter. Il n’est pas impoli de raccrocher au nez de quelqu’un qui essaie de vous voler.

Et ne laissez jamais un inconnu prendre le contrôle de votre écran. C’est l’étape que ces gens cherchent à atteindre, parce qu’à partir de là ils peuvent tout faire.

Si vous avez déjà cliqué ou parlé

Ça arrive, et ce n’est pas une catastrophe si on agit rapidement. Dans l’ordre :

  1. Coupez la connexion. Débranchez le câble réseau ou désactivez le Wi-Fi de l’appareil.
  2. Appelez votre banque si vous avez fourni des informations bancaires, donné accès à votre compte ou effectué un paiement. Demandez à parler au service des fraudes.
  3. Changez les mots de passe importants — courriel d’abord, puis banque — depuis un autre appareil, pas celui qui a été touché.
  4. Faites vérifier l’ordinateur avant de le réutiliser normalement. Un logiciel de contrôle à distance a peut-être été installé; il faut le retirer.
  5. Signalez la fraude au Centre antifraude du Canada. Le signalement aide les enquêtes, même quand l’argent ne peut pas être récupéré.
  6. Parlez-en à quelqu’un. La honte est le meilleur allié des fraudeurs : c’est elle qui empêche les gens d’agir vite.

En parler avant, c’est encore mieux

Si vous accompagnez un parent âgé, la conversation la plus utile n’est pas une liste d’interdits. C’est une entente simple : « Si jamais quelqu’un t’appelle au sujet de ton ordinateur, tu raccroches et tu m’appelles. Peu importe l’heure, et peu importe ce qu’ils disent. » Une porte de sortie toute prête vaut mieux que dix avertissements.

Chez QC Tech Support, vérifier si quelque chose s’est réellement passé sur un appareil fait partie du travail courant, et un premier appel pour en discuter ne coûte rien. Nous ne vous appellerons jamais de nous-mêmes pour vous annoncer un virus — et nous ne vous demanderons jamais un mot de passe par courriel ou par texto.

Lire cet article en anglais

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