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Sauvegarder ses fichiers : la règle 3-2-1, en français simple

Trois copies, deux supports, une hors du logement. Ce que veut dire la règle 3-2-1, comment l’appliquer sans devenir informaticien, et ce qu’elle coûte vraiment.

8 min de lecture

Presque tout le monde croit être sauvegardé. La plupart des gens ne le sont pas, et ils l’apprennent le jour où le disque lâche.

La règle 3-2-1 est le résumé le plus court de ce qui protège réellement des fichiers : trois copies, sur deux types de support, dont une à l’extérieur du logement. Elle vient du milieu professionnel, mais elle s’applique très bien à une maison ordinaire avec dix-huit ans de photos dessus.

Ce que veut dire chaque chiffre

Trois copies. L’original plus deux sauvegardes. Ça paraît beaucoup, jusqu’à ce qu’on réalise que deux copies dans la même pièce, c’est une seule copie devant un dégât d’eau.

Deux types de support. Par exemple le disque interne de l’ordinateur, plus un disque externe. Ou un disque externe, plus l’infonuagique. L’idée est de ne pas mettre les deux copies dans le même panier technologique : les disques d’un même modèle, achetés le même jour, ont une fâcheuse tendance à mourir la même année.

Une copie hors du logement. C’est la partie que presque tout le monde saute, et c’est la seule qui protège du feu, du vol et du dégât d’eau. Un disque externe posé à côté de l’ordinateur ne survit à aucun de ces trois événements.

Pourquoi la troisième copie est celle qui compte

Un disque dur qui meurt est ennuyeux. On perd un après-midi, parfois de l’argent, et on continue.

Un dégât d’eau au sous-sol, un incendie de cuisine ou un vol, c’est autre chose. Dans ces cas-là, l’ordinateur et le disque externe partent ensemble, parce qu’ils étaient sur le même bureau. Toutes les photos de famille disparaissent d’un coup, et il n’existe aucun service de récupération pour ça.

Il y a aussi le cas moderne : un rançongiciel qui chiffre les fichiers de l’ordinateur, puis ceux du disque externe branché en permanence, parce que pour lui c’est juste un autre dossier. Une copie hors ligne ou hors du logement est la seule qui échappe à ça.

À quoi ça ressemble concrètement, chez vous

Voici trois montages qui respectent la règle, du plus simple au plus complet.

Le montage minimal. Vos fichiers sur l’ordinateur. Une sauvegarde automatique vers un service infonuagique. Un disque externe branché une fois par mois, puis rangé dans un tiroir. Trois copies, deux supports, une qui n’est pas dans la maison au moment où quelque chose arrive.

Le montage confortable. L’ordinateur, un disque externe branché en permanence qui fait une sauvegarde automatique tous les jours, et l’infonuagique par-dessus. Vous récupérez un fichier effacé par erreur en trente secondes depuis le disque, et vous êtes couvert pour le reste par la copie en ligne.

Le montage familial. Le même que le précédent, mais avec un deuxième disque externe qui dort chez un enfant ou au chalet, et qu’on échange à Noël et à la fête nationale. Ça semble artisanal. C’est extrêmement efficace, et ça ne coûte rien de plus par mois.

Ce qu’il faut sauvegarder, et ce qui ne sert à rien

Sauvegarder « tout l’ordinateur » rassure, mais ce n’est pas toujours le plus utile. Ce qui compte vraiment se divise en deux catégories.

Ce qui est irremplaçable. Les photos et les vidéos. Les documents. Les courriels, s’ils sont stockés localement plutôt que chez un fournisseur. Les scans de papiers importants. Les projets en cours. Les fichiers de comptabilité. Tout ce qui, s’il disparaissait, ne pourrait pas être retéléchargé ni refait.

Ce qui est simplement long à refaire. Les mots de passe enregistrés dans le navigateur, les favoris, les réglages d’une application que vous avez mis des mois à ajuster, la bibliothèque musicale. Rien de dramatique, mais une soirée perdue.

Ce qui ne mérite pas d’espace de sauvegarde : le système d’exploitation, les logiciels téléchargés, les films et la musique achetés en ligne, les jeux. Tout ça se réinstalle. Une sauvegarde complète du système a son utilité pour repartir vite, mais ce n’est pas ce qui protège vos souvenirs.

Le piège classique, c’est le dossier posé sur le bureau. Beaucoup de gens travaillent directement là, et beaucoup d’outils de sauvegarde n’incluent pas le bureau par défaut. Vérifiez ce point précis.

Mac ou Windows : ce qui est déjà inclus

Vous avez probablement déjà un outil de sauvegarde installé sans le savoir.

Sur un Mac, Time Machine est intégré et fait très bien le travail. Branchez un disque externe, macOS propose de l’utiliser, et à partir de là il sauvegarde toutes les heures en gardant l’historique. C’est l’une des rares fonctions grand public qui fonctionne vraiment sans intervention.

Sur Windows, la situation est plus confuse. L’Historique des fichiers existe depuis longtemps mais sauvegarde surtout les dossiers personnels, et Microsoft a changé plusieurs fois de stratégie. L’application « Sauvegarde Windows » sauvegarde vers OneDrive, avec la limite d’espace du forfait gratuit. Beaucoup de gens se retrouvent avec quelque chose de partiellement activé qui ne couvre pas ce qu’ils croient.

Dans les deux cas, l’outil intégré couvre la copie locale. Il ne couvre pas la copie hors du logement, qui reste à ajouter.

Combien de temps ça prend, la première fois

C’est la question qui fait abandonner les gens à mi-chemin.

Vers un disque externe branché en USB, comptez environ une heure pour 100 Go. Une bibliothèque de photos de 500 Go prendra donc la moitié d’une journée. Ensuite, les sauvegardes suivantes ne copient que ce qui a changé et durent quelques minutes.

Vers l’infonuagique, c’est le téléversement qui décide, et c’est presque toujours la partie lente de votre forfait Internet. Avec un débit de téléversement de 20 Mbit/s, 500 Go prennent à peu près trois jours en continu. Ce n’est pas une erreur : la première sauvegarde en ligne se lance et se laisse tourner une fin de semaine. Après, c’est instantané.

Laissez l’ordinateur branché et empêchez-le de se mettre en veille pendant cette première passe. C’est la cause numéro un des premières sauvegardes qui n’aboutissent jamais.

L’infonuagique compte-t-elle comme une sauvegarde ?

Oui et non, et la nuance vaut la peine.

Un service de synchronisation comme iCloud, OneDrive ou Google Drive garde vos fichiers identiques sur tous vos appareils. C’est pratique, mais c’est un miroir : si vous supprimez un dossier sur l’ordinateur, il disparaît partout, y compris en ligne. La synchronisation reproduit fidèlement vos erreurs.

Un service de sauvegarde conserve en plus des versions antérieures, souvent trente jours ou plus. C’est ce qui permet de dire « remets-moi le dossier tel qu’il était mardi dernier ».

La plupart des services de synchronisation offrent une corbeille et un historique de versions, ce qui les rapproche d’une vraie sauvegarde. Mais la fenêtre est courte et les réglages sont enfouis. Si vos photos ne sont que dans iCloud, vous avez une copie, pas une sauvegarde.

Ce que ça coûte

Un disque externe de 2 To coûte autour de 90 $ et dure typiquement de quatre à six ans. Les offres d’infonuagique tournent autour de 3 $ à 15 $ par mois selon l’espace, et beaucoup de gens paient déjà pour un forfait sans le savoir, parce qu’il est inclus avec le téléphone.

Autrement dit : la protection complète d’une vie numérique coûte moins cher par mois qu’un café par semaine. La récupération de données en laboratoire, quand c’est même possible, se compte en centaines de dollars et n’offre aucune garantie.

Les erreurs qu’on voit le plus souvent

Le disque externe jamais rebranché. Acheté avec les meilleures intentions, utilisé deux fois, puis rangé. Une sauvegarde qui date de trois ans est une sauvegarde qui date de trois ans.

La sauvegarde qui a cessé de fonctionner en silence. Le disque s’est déconnecté, le service a expiré, le mot de passe a changé. Rien ne clignote, personne n’est prévenu, et tout le monde continue de croire que c’est fait.

Les photos du téléphone oubliées. C’est aujourd’hui l’appareil qui contient le plus de souvenirs, et c’est celui qu’on sauvegarde le moins.

Une seule copie, très bien rangée. Un disque très soigneusement placé à côté de l’ordinateur reste un disque à côté de l’ordinateur.

La seule chose qui prouve que ça marche

Une sauvegarde n’est pas une sauvegarde tant qu’on n’a pas récupéré un fichier avec.

Faites le test aujourd’hui : prenez un document au hasard, ouvrez votre sauvegarde, et restaurez-le ailleurs. Si vous n’arrivez pas à le faire en dix minutes sans aide, votre sauvegarde n’est pas prête pour le jour où vous en aurez vraiment besoin, et ce jour-là vous serez déjà contrarié.

C’est le sujet d’un autre article, parce que c’est l’étape que presque tout le monde saute.

Par où commencer cette semaine

  1. Trouvez où sont vos fichiers importants. Pour la plupart des gens : les documents, le bureau, les photos, et le téléphone.
  2. Activez une sauvegarde automatique. Time Machine sur un Mac, l’Historique des fichiers sur Windows, ou un service en ligne.
  3. Ajoutez la copie extérieure. Infonuagique, ou un disque qui dort ailleurs.
  4. Restaurez un fichier pour vérifier.
  5. Notez une date dans un an pour refaire le test.

Si vous préférez que quelqu’un mette ça en place et fasse le test de restauration devant vous, c’est exactement ce que couvre notre service de données et sauvegarde. On peut aussi le faire à distance, sans déplacement, pour la partie logicielle, au même tarif que sur place.

Sujets :sauvegarde · données · photos

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