Couper le câble fait presque toujours économiser de l’argent la première année. Ensuite, ça dépend entièrement de votre discipline : trois ou quatre services de streaming, un abonnement sportif et un forfait Internet plus rapide finissent par ressembler beaucoup à la facture que vous vouliez fuir.
La bonne façon de décider n’est donc pas de comparer des prix affichés en publicité. C’est de regarder votre propre facture ligne par ligne, de faire la liste des émissions que votre ménage regarde vraiment, puis de vérifier trois points précis : les chaînes locales en français, le sport en direct, et la capacité de tout le monde dans la maison de s’en servir sans appeler quelqu’un.
Commencez par lire votre facture au complet
La plupart des gens ne connaissent pas le montant qu’ils paient pour la télévision seule. Le câble arrive presque toujours groupé avec Internet et parfois le téléphone, avec un rabais de forfait qui rend la répartition floue.
Sortez la facture détaillée et notez quatre choses :
- La ligne « télévision » elle-même, en excluant Internet.
- La location des équipements. Un terminal par téléviseur, plus l’enregistreur numérique. C’est souvent le poste le plus surprenant, parce qu’il se répète pour chaque appareil de la maison.
- Les blocs de chaînes optionnels : le sport, les chaînes spécialisées, les films. Beaucoup de ménages en paient un depuis des années sans plus s’en servir.
- Ce que vous perdez comme rabais de groupe si vous retirez la télé. C’est là que le calcul se retourne souvent : l’Internet seul coûte parfois presque le prix du forfait complet.
Ce dernier point est le piège principal. Appelez votre fournisseur et demandez le prix exact de l’Internet seul, sans télévision, à votre adresse. Tant que vous n’avez pas ce chiffre, votre économie est théorique.
Pourquoi la facture de streaming remonte toujours
Un seul service de streaming coûte peu. Le problème, c’est qu’un seul service ne suffit à personne.
Les émissions se répartissent entre les plateformes, et chaque plateforme retire régulièrement des titres. Une famille finit typiquement avec un service généraliste, un service pour les enfants, un service québécois pour les téléséries d’ici, et un abonnement sportif l’hiver. On ajoute souvent un supplément pour retirer la publicité, un autre pour la haute définition ou pour permettre deux écrans en même temps.
Additionnez ces montants sur douze mois avant de décider. Chez beaucoup de ménages, le total se rapproche de la facture de câble, mais avec deux différences réelles : vous pouvez annuler n’importe quel service en trois clics, et il n’y a pas de terminal à louer.
L’astuce qui fonctionne vraiment, c’est la rotation. Un service pendant deux mois, on regarde ce qu’on voulait voir, on annule, on passe au suivant. Ça demande un minimum de gestion, mais c’est ce qui sépare une économie réelle d’une facture simplement déplacée.
Ce que vous perdez : les chaînes locales et le direct
C’est la partie que les articles anglophones traitent mal, parce que la situation québécoise est particulière.
Les grandes chaînes généralistes d’ici — Radio-Canada, TVA, Noovo, Télé-Québec — restent le cœur de l’écoute de beaucoup de foyers : le téléjournal, les téléromans, les galas, les émissions du dimanche soir. Leurs services en ligne existent et sont bons, mais ce n’est pas identique au direct : certains contenus arrivent plus tard, certains ne s’y trouvent pas, et il faut ouvrir une application plutôt que d’appuyer sur un chiffre.
L’autre perte est le direct au sens large. Une élection, une tempête, une remise de prix, un bulletin de nouvelles à 18 h : c’est encore ce que la télévision traditionnelle fait le mieux, sans compte à créer ni mot de passe à retrouver.
L’antenne remplace vraiment les chaînes locales
C’est la solution la plus sous-estimée, et elle est gratuite après l’achat.
Les grandes chaînes généralistes diffusent toujours en ondes, en clair et en haute définition, sans abonnement d’aucune sorte. Dans la région de Montréal, une antenne bien placée capte habituellement Radio-Canada, TVA, Noovo, Télé-Québec, CBC, CTV et Global, avec une image souvent meilleure que celle du câble parce que le signal n’est pas recompressé.
Ce qu’il faut savoir avant d’essayer :
- Votre téléviseur a déjà le récepteur nécessaire. Pratiquement tous les téléviseurs vendus en Amérique du Nord depuis une quinzaine d’années ont un syntoniseur numérique intégré. Vous branchez l’antenne dans la prise coaxiale et vous lancez une recherche de chaînes.
- L’emplacement compte plus que le prix de l’antenne. Une antenne plate collée sur une fenêtre orientée vers l’émetteur donne souvent de meilleurs résultats qu’un modèle plus cher placé derrière le téléviseur.
- « Amplifié » n’est pas synonyme de meilleur. Un amplificateur aide quand vous êtes loin et que le câble est long. Près des émetteurs, il peut saturer le récepteur et empirer les choses.
- En appartement, en étage, orienté vers le centre-ville, c’est presque toujours facile. En sous-sol ou derrière une colline, ça peut ne pas fonctionner du tout.
Refaites la recherche de chaînes après chaque déplacement de l’antenne. Le résultat change beaucoup pour quelques centimètres.
Le sport en direct : le vrai point de friction
Si personne chez vous ne regarde de sport, la décision est facile. Sinon, c’est ici que ça se complique.
Le hockey, le baseball et le football en direct ne sont pas diffusés en ondes de façon complète. Les droits sont répartis entre quelques réseaux spécialisés, et l’accès à ces réseaux passe soit par un fournisseur de télévision, soit par un abonnement direct au service en ligne du réseau. Certaines parties se retrouvent aussi sur les chaînes généralistes, mais pas toutes, et la répartition change d’une saison à l’autre.
Avant de couper, faites l’exercice précis : nommez l’équipe que vous suivez, cherchez quel réseau diffuse ses parties cette saison, et vérifiez si ce réseau se vend directement. Si la réponse est non, ou si le prix annuel de cet accès annule votre économie, vous venez d’avoir votre réponse.
Une seule télécommande, et pourquoi c’est important
C’est l’argument qu’on oublie systématiquement dans les comparaisons de prix.
Le câble a un avantage réel : un appareil, une télécommande, des chiffres, et n’importe qui dans la maison peut allumer et regarder. Le streaming remplace ça par plusieurs applications, plusieurs comptes, plusieurs mots de passe, et des interfaces qui changent d’allure sans prévenir.
Pour un ménage habitué à la technologie, c’est un détail. Pour une personne de 80 ans, ou pour un conjoint qui n’a aucun intérêt à apprendre un nouveau système, c’est la différence entre une télévision qui fonctionne et une télévision qui frustre tous les soirs.
Si vous coupez malgré tout, réduisez le problème : gardez une seule marque de boîtier pour tous les téléviseurs, restez connecté en permanence dans toutes les applications, mettez les trois applications utilisées sur la première rangée de l’écran d’accueil, et retirez les autres. Une télécommande universelle simple aide aussi beaucoup.
L’équipement dont vous avez besoin
La liste est plus courte qu’on vous le dira en magasin.
Nécessaire : un moyen de faire tourner les applications. Un téléviseur intelligent récent en est un. Sinon, un petit boîtier ou une clé de streaming fait le travail pour un montant modeste, et se remplace facilement dans quelques années.
Nécessaire si vous voulez les chaînes locales : une antenne intérieure et un câble coaxial.
Utile : un support ou une rallonge coaxiale pour placer l’antenne près d’une fenêtre plutôt que derrière le meuble.
Inutile dans presque tous les cas : un câble HDMI haut de gamme, un récepteur numérique séparé si votre téléviseur a moins de quinze ans, un amplificateur d’antenne acheté d’avance sans avoir testé sans, et un abonnement à un service de « télé en direct » qui reproduit exactement le bouquet de chaînes que vous venez de quitter.
Votre Internet doit suivre
Le streaming déplace la charge sur votre connexion, et c’est souvent là que l’expérience se gâte.
Comptez environ 5 Mbit/s par flux en haute définition et environ 25 Mbit/s par flux en 4K. Une maison où trois personnes regardent en même temps pendant que quelqu’un travaille a besoin d’un forfait honnête, et surtout d’un réseau sans fil qui se rend jusqu’au salon.
Vérifiez aussi si votre forfait comporte une limite de données mensuelle. Une famille qui remplace complètement le câble par du streaming peut consommer beaucoup plus qu’avant, et les frais de dépassement effacent l’économie très vite.
Si l’image gèle uniquement dans une pièce, ce n’est pas votre fournisseur, c’est votre Wi-Fi. Les zones mortes et ce qui fonctionne vraiment traite exactement ce cas. Un téléviseur fixe branché en câble réseau règle souvent la question définitivement.
À qui ça ne convient pas
Soyons honnêtes, parce que ce n’est pas pour tout le monde.
Si vous regardez surtout des chaînes généralistes et le téléjournal, une antenne suffit et vous n’avez même pas besoin de streaming. Coupez, gardez l’antenne, c’est le meilleur cas.
Si le sport est central chez vous, l’économie est souvent nulle une fois les accès payés. Restez, et faites plutôt retirer les blocs de chaînes que vous ne regardez plus.
Si la personne qui regarde le plus la télévision n’est pas à l’aise avec les applications, le calcul ne se fait pas en dollars. Une télévision inutilisable ne vaut aucune économie.
Si votre Internet est instable ou plafonné, réglez ça d’abord. Couper le câble par-dessus une connexion capricieuse transforme chaque soirée en dépannage.
Par où commencer
- Demandez à votre fournisseur le prix de l’Internet seul à votre adresse.
- Faites la liste des émissions réellement regardées le mois dernier, par personne.
- Additionnez les abonnements nécessaires pour couvrir cette liste, sur douze mois.
- Testez une antenne avant de résilier quoi que ce soit. Vous saurez en trente minutes.
- Gardez le câble un mois de plus en parallèle si vous hésitez. Ça coûte un mois et ça évite un regret.
Si vous préférez qu’on monte le tout et qu’on vous montre comment ça marche, c’est ce que couvre notre service de télé et streaming, et la partie réseau relève de Wi-Fi et réseau. On peut aussi faire une partie de la configuration à distance, sans déplacement.