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Le routeur de votre fournisseur Internet est-il suffisant ?

Quand la boîte fournie avec l’abonnement fait très bien l’affaire, quand elle ne suffit plus, ce que la location coûte sur cinq ans, et le mode pont expliqué simplement.

7 min de lecture

Pour un logement de taille moyenne, avec des murs ordinaires et une quinzaine d’appareils connectés, la boîte fournie par le fournisseur Internet fait honnêtement le travail. Acheter du matériel n’améliorera rien de perceptible, et l’argent serait mieux placé ailleurs.

Elle cesse de suffire dans trois situations précises : un logement long ou grand, des murs qui bloquent le signal, ou un nombre d’appareils très au-dessus de la moyenne. Le reste du temps, quand quelque chose ne fonctionne pas, c’est le placement de la boîte ou son âge qui est en cause, pas le fait qu’elle vienne du fournisseur.

Ce que fait vraiment cette boîte

La plupart des gens l’appellent « le routeur ». En réalité, l’appareil posé près de l’entrée du câble fait au moins deux métiers, parfois trois.

Le modem. Il traduit le signal qui arrive de la rue — câble coaxial, fibre optique, ligne téléphonique — en réseau utilisable dans la maison. Cette partie est spécifique à votre fournisseur et à sa technologie. On ne la remplace pas librement.

Le routeur. Il distribue la connexion entre tous vos appareils, gère les adresses et sert de pare-feu. Cette partie-là, oui, se remplace.

Le point d’accès Wi-Fi. L’antenne qui diffuse le signal sans fil. C’est presque toujours l’élément le plus faible d’une boîte combinée, parce qu’elle est conçue pour tenir dans un boîtier compact placé où le câble entre, ce qui est rarement le bon endroit.

Beaucoup de boîtiers font aussi la téléphonie résidentielle, et parfois la télé. C’est important à savoir avant de vouloir tout remplacer.

Quand elle suffit vraiment

Soyons clairs, parce que beaucoup de gens dépensent inutilement.

Un appartement ou un condo d’une superficie modeste, sur un seul étage, avec la boîte placée dans une pièce centrale et bien dégagée. Une dizaine ou une quinzaine d’appareils, incluant les téléphones, la télé, quelques objets connectés. Une utilisation normale : télétravail, visioconférence, écoute en continu, un peu de jeu.

Dans ce portrait, un routeur acheté séparément à 300 $ ne changera rien de mesurable. Ce qui aide, et qui est gratuit, c’est de sortir la boîte de l’armoire où elle est cachée et de la remonter sur une tablette.

Quand elle ne suffit plus

Le logement est long ou grand. Le classique montréalais : l’appartement en longueur, avec l’entrée du câble d’un côté et la chambre du fond à l’autre extrémité. Le signal doit traverser quatre cloisons dans le pire axe possible. Aucun boîtier unique, quel que soit son prix, ne couvre bien ce plan.

Les murs sont difficiles. Plâtre sur lattis métallique dans les immeubles anciens, béton dans les condos, brique intérieure, colonnes de plomberie, grands électroménagers. Le Wi-Fi est une onde de faible puissance : le métal et l’eau l’arrêtent.

Il y a plusieurs étages. Un duplex, un cottage, un sous-sol aménagé. Le signal traverse mal un plancher, surtout s’il y a du béton ou des conduits.

Le nombre d’appareils explose. Deux adultes en télétravail, des adolescents, trois télés, une console, une sonnette, des ampoules, un thermostat, un aspirateur robot : on dépasse vite quarante appareils connectés. Les boîtiers d’entrée de gamme gèrent mal cette densité, même quand chaque appareil consomme peu.

La boîte a plus de cinq ou six ans. Le matériel Wi-Fi vieillit et les normes ont beaucoup progressé. Un boîtier remis il y a huit ans ne fait pas le même travail qu’un modèle actuel, et beaucoup de fournisseurs le remplacent gratuitement sur demande. C’est le premier appel à faire, avant tout achat.

L’erreur la plus coûteuse

C’est celle-ci, et elle se répète chaque semaine : ça va mal dans la chambre du fond, alors on appelle le fournisseur et on passe à un forfait plus rapide.

Ça ne réglera rien. Un forfait détermine la vitesse qui entre dans la maison, pas la portée du signal une fois à l’intérieur. Si le débit est excellent à côté du boîtier et misérable au fond du logement, vous avez un problème de couverture. Doubler la vitesse à l’entrée ne fait que doubler une vitesse que la chambre du fond ne reçoit déjà pas.

Le test qui tranche prend deux minutes : lancez un test de vitesse assis à côté du boîtier, puis exactement le même dans la pièce problématique. Si le premier chiffre est bon et le second mauvais, gardez votre forfait et réglez la couverture. Notre article sur les zones mortes du Wi-Fi détaille ce qui fonctionne à partir de là.

Louer ou acheter : faites le calcul

Les pratiques varient beaucoup d’un fournisseur à l’autre au Québec. Chez certains, l’équipement est inclus dans le prix annoncé. Chez d’autres, il apparaît comme une ligne distincte sur la facture. Chez d’autres encore, il est offert gratuitement la première année puis facturé.

Plutôt que de vous fier à une règle générale, prenez votre facture et faites le calcul vous-même :

  1. Trouvez la ligne d’équipement sur la facture détaillée. Beaucoup de gens ignorent qu’ils paient pour la location.
  2. Multipliez par douze, puis par le nombre d’années que vous prévoyez rester à cette adresse et chez ce fournisseur.
  3. Comparez avec le prix du matériel que vous envisagez d’acheter.
  4. Ajoutez ce que la location vous donne en échange : remplacement sans frais en cas de panne, mises à jour automatiques, et un service à la clientèle qui ne peut pas vous renvoyer à votre propre matériel.

Sur deux ans, la location est souvent raisonnable. Sur six ans dans le même logement, l’achat finit généralement par l’emporter, surtout si vous aviez de toute façon besoin d’améliorer la couverture.

Le mode pont, expliqué

C’est le terme qu’on vous opposera dès que vous parlerez d’apporter votre propre routeur.

Une boîte combinée fait modem et routeur en même temps. Si vous branchez votre propre routeur derrière elle sans rien changer, vous vous retrouvez avec deux routeurs en série. Chacun crée son réseau et distribue ses adresses, ce qu’on appelle un double NAT. Ça fonctionne pour naviguer, mais ça casse des choses : les consoles de jeu se retrouvent en NAT strict, certains systèmes de caméras cessent d’être joignables, et certains outils de travail à distance refusent de se connecter.

Le mode pont demande à la boîte du fournisseur d’arrêter de faire le routeur et de se contenter d’être un modem. Elle laisse passer la connexion directement à votre routeur, qui prend en charge le reste. Le Wi-Fi du boîtier se désactive alors, et c’est voulu : deux réseaux Wi-Fi superposés se nuisent plus qu’ils ne s’aident.

Deux avertissements. D’abord, si votre téléphonie résidentielle ou votre télé passe par ce boîtier, le mode pont peut les interrompre; vérifiez avant. Ensuite, tous les fournisseurs ne l’offrent pas, et certains exigent que ce soit fait par leur soutien technique.

Ce qu’il faut vérifier avant d’acheter quoi que ce soit

L’âge et le modèle de votre boîtier actuel. Un remplacement gratuit règle parfois tout.

Son emplacement. S’il est dans une armoire, derrière la télé, au sol dans un coin ou au sous-sol, déplacez-le d’abord. Une rallonge coaxiale ou Ethernet coûte une vingtaine de dollars et change souvent tout.

Ce que le boîtier gère d’autre. Téléphonie, télé, alarme. Ça détermine si vous pouvez le mettre en pont ou non.

Vos vitesses, mesurées à deux endroits. Le seul chiffre qui compte pour décider.

Vos besoins réels. Un logement qui a besoin de couverture a besoin d’un réseau maillé, pas d’un routeur unique plus puissant. C’est une distinction importante et les vendeurs la font rarement.

Ce que vous gagnez et ce que vous perdez avec votre propre matériel

Vous gagnez une meilleure couverture si vous prenez un système maillé, des réglages plus fins, un réseau invité correct, un contrôle parental utilisable, et du matériel qui vous suit si vous changez de fournisseur.

Vous perdez une partie du soutien technique : quand ça va mal, la première question sera « avez-vous branché notre équipement ? ». Vous devenez aussi responsable des mises à jour de sécurité, ce qui prend cinq minutes deux fois par année mais qu’il ne faut pas oublier.

Pour la plupart des ménages, la meilleure formule n’est pas de tout remplacer. C’est de garder la boîte du fournisseur pour le modem, de la mettre en pont si c’est possible, et d’ajouter un système maillé pour la couverture. Vous corrigez le vrai problème sans toucher à la partie qui doit rester compatible avec le réseau du fournisseur.

Si vous hésitez entre remplacer, ajouter ou simplement déplacer, une visite avec des mesures pièce par pièce répond à la question en une heure. C’est ce que couvre notre service de Wi-Fi et réseau, à 100 $/h dans la région de Montréal, plus 75 $ de déplacement. Les réglages qui ne demandent pas de déplacement se font très bien à distance.

Sujets :wi-fi · routeur · internet

Lire cet article en anglais

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